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Le cœur, et la bouche, et la vie.

Une petite fille

C’est l’histoire d’une petite fille qui a dormi dans son tipi hier soir.

Attends, je reprends.

C’est l’histoire d’une petite fille qui commençait à escalader son lit. Alors on a enlevé les barreaux et elle a dormi, comme ça, dans un lit sans barreaux quelques semaines. Et puis, elle a commencé à se lever, pour ne pas dormir. En pleurant derrière la porte fermée. On s’est fâchés. Son père a remis les barreaux. Ça a duré, quelques semaines. Et puis, cette fois, elle les a escaladés, les foutus barreaux. Pour de vrai.

On a re-enlevé les barreaux. On l’a entendue pleurer derrière la porte fermée. Je me suis fâchée d’abord, fort. Tu vas dans ton lit. Ferme, sans crier, mais ferme. Pas contente, la mère. Et après, j’ai dit, tu es grande maintenant, tu es capable, tu es une grande fille, et les grandes filles dorment dans leur lit (et pas dans celui de tes parents, je te vois venir à 20 kilomètres, tu crois que hey, quoi ?) Tu es grande, tu es capable. Assieds-toi. Sur ton lit. Elle s’est assise. Elle pleurait toujours, de temps en temps, parce qu’elle avait compris. Non, c’est non. Mais bon, quand même, on tente.

Je suis sortie. Re-pleurs, derrière la porte.

J’ai dit « ZUT ! » et je suis partie. Trente secondes plus tard, plus un bruit. Nous n’y croyons pas, nous sommes estomaqués, est-ce possible ? Dans son lit ?

Une heure et demie plus tard, nous n’y tenons plus, si ça se trouve, elle dort, par terre derrière la porte. On aura l’air con, tiens. On ouvre la porte. Personne derrière. Personne dans le lit. Et, du tipi, sortent deux petites jambes.

Du coup, elle a dormi dans son tipi.

Et tant pis.

tipi

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