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Le cœur, et la bouche, et la vie.

Quand je serais grande.

Un jour, ma vie est devenue ça : je me suis retrouvée à chercher ce que voulait dire « SMNDA » (Same Mandate New debtor Agent) sur Google pour aider un client.

Et, contrairement à ce à quoi on pourrait s’attendre, j’ai trouvé cela pénible mais non pas parce que je devais répondre parce que ça allait plus vite si je le faisais moi au lieu de transférer à un service de gestion débordé, et que ce n’est pas mon boulot, non j’ai trouvé cela pénible parce que je ne suis pas formée, parce que je ne sais pas tout ça « de base » et que je dois chercher, ce qui n’est pas normal, et aussi parce que ça me plaît. Merde, ça me plaît de répondre à des questions techniques sur des flux bancaires. Je ne sais pas de quoi mon avenir professionnel sera fait, mais si un jour j’ai l’occasion de me spécialiser, c’est sans doute vers cela que j’irais.

De toute façon, à l’heure actuelle, deux choses me plaisent dans mon boulot. La première, la partie complètement back-office, chercher, trouver des solutions, répondre aux besoins primaires du client. J’ai toujours détesté le front et pris mon parti du middle, même si officiellement je suis une personne du middle pour les flux, je mets de plus en plus les mains dans le cambouis et je ne saurais pas expliquer pourquoi ça me plaît, mais ça me plaît. Ce n’est pas plus ou pas moins intellectuel, c’est différent, mais je ne vends rien quand je fais ça. Rien à part moi et mon savoir-faire et mes capacités à réfléchir. Et en général, comme cela paraît technique à beaucoup de personnes, les gens sont reconnaissants. Tu leur rends service. C’est quand même autrement plus valorisant que d’essayer de leur vendre quelque chose, non ? La seconde, qui est nécessairement liée, est mon ultra spécialisation grandissante dans les flux, qui me fait dire que tant de savoir va être un jour gâché si je ne deviens pas, effectivement et officiellement sur le papier, une spécialiste justement.

Je sais que mon travail à l’air assez inintéressant comme ça. Personne, quand il était petit, s’est dit « quand je serais grand je serais banquier ». Surtout pas moi, mon désamour des chiffres et mon 5 en maths au bac. Mais, heureusement pour mes clients, en réalité il ne me sert à rien de savoir quoi que ce soit aux vecteurs et 3,14 est souvent seulement une différence de montant d’intérêts créditeurs/versés sur une rémunération de compte. Pourtant, donc mon boulot est passionnant. J’arrive le matin et je ne touche pas terre, je suis occupée jusqu’à la fin de la journée, je me force à laisser des dossiers en attente parce que, c’est vrai, l’argent ne dort jamais. Je peux écrire sur ma pause déjeuner, parfois. Souvent, je râle sur mes collègues, les procédures sévères me fatiguent et m’épuisent, faire et défaire, c’est toujours travailler, mais à la fin de la journée, j’ai l’impression d’avoir accompli quelque chose.

Malgré son étymologie, le travail n’a jamais été une torture pour moi, mais, depuis quelques mois et même si certains jours sont durs et que je suis fatiguée et que tout n’est pas rose, je n’ai jamais pensé à démissionner, je suis toujours heureuse d’aller travailler, je sais que je vais y apprendre et aider. Ce n’était pas gagné.

Mais on y est.

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