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Le cœur, et la bouche, et la vie.

La ville à ses petits vélos

Qui filent, roulent, à toute allure.

Il y a les fous de Peugeot et les fans de motobecane. Ceux qui ne jurent que par les vitesses et ceux qui ont des mollets en titane. Il y a même ceux qui changent de camp. Comme moi.

Il y a ceux qui portent des casques et ceux qui portent leur folie. Il y a ceux qui vont à toute vitesse, et ceux qui enclenchent la 1ere et qui lèvent le nez du guidon le long du cours Clémenceau, pour admirer la majesté des murs de pierre blanche. Et qui se font klaxonner par les bus. Comme moi.

Y’a les cyclistes du dimanche, qui sortent tête nue les jours de pluie et arrivent trempés, râleurs. Il y a ceux qui se sont fait avoir une fois, pas deux, et qui ont un sur-pantalon de pluie, une parka imperméable, des gants, une capuche, une dégaine de bibendum et qui sourient aux éléments comme de doux idiots. Comme moi.

Il y a les cyclistes qui ont le temps, qui attendent et les vélos qui ne s’arrêtent pas aux feux rouges. Il y a ceux qui mettent le bras, ceux qui mettent rien et on verra bien. Il y a ceux qui crient contre tous ceux là. Comme moi.

Y’a surtout les gens qui sourient de nous voir, avec nos deux casques, elle devant et moi derrière, elle ses gants blancs et moi mes gants noirs, son sourire ravageur et les boucles blondes qui s’échappent de son casque. Les voitures ralentissent et nous laissent passer, les ouvriers du chantier, qui nous voient passer chaque matin, avec de grands mouvements de bras nous disent bonjour. Le rythme de ses questions accompagne notre trajet et quand je la dépose, j’ai du mal à la quitter.

Je voudrais l’emmener au bout du monde, sur mon petit vélo.

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